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La SFED s'oppose fermement à toute démarche « pseudo-scientifique » ou « publicitaire » qui ne s'intègre pas à la stratégie actuelle de dépistage et prévention du cancer du colo-rectum organisée en France |
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novembre-2007 |
De nombreux collègues ont réagi à la lecture de l'article du Nouvel Observateur sur la coloscopie virtuelle par coloscanner parlant de « spectaculaire promenade » ou, encore plus grave, à la démarche à l'évidence publicitaire sur cette technique de radiologues libéraux parisiens vantant une « approche rationnelle pour le diagnostic et le traitement des lésions coliques ».
La Société Française d'Endoscopie Digestive exprime officiellement son profond et complet désaccord avec ces écrits en tant que Société Savante participant aux différentes commissions et instances (Haute Autorité de Santé et Institut National du Cancer) qui gèrent l'évaluation des nouvelles méthodes et la stratégie du dépistage du cancer du colo-rectum (CCR) en France.
Il est actuellement inacceptable et non-préconisé par l'HAS de proposer une stratégie de dépistage et prévention du CCR avec le coloscanner en première intention en se basant sur les résultats récents de l'étude publiée dans le New England Journal of Medicine avec une classification du risque des polypes seulement en fonction de leur taille, cela d'autant que bon nombre de polypes de petites tailles ou plans non-détectables par cette technique sont déjà en dysplasie de haut grade voire carcinome in situ.
De plus, le coloscanner n'est pas un test de dépistage ni une méthode non-invasive car il nécessite une intubation par une sonde rectale après vérification de l'absence de lésions à ce niveau puis une insufflation d'air. La vidéo-capsule colique est à ce titre beaucoup plus anodine, réellement non-invasive et de surcroît sans rayons.
Il nous paraît aussi évident que le Gastro-Entérologue, seul expert dans le diagnostic endoscopique des maladies coliques, est le mieux placé pour juger de la « pertinence » d'une lésion découverte par le coloscanner, car au final qui va prendre la décision de surveiller (et comment) ou au contraire d'enlever un polype de 5 à 9 millimètres vu sur un coloscanner chez un patient de 44 ans dont le père vient de mourir d'un cancer du côlon ?
Est-ce la taille en millimètres mesurée par un logiciel 3D qui classera ce dossier ou bien le Gastro-Entérologue après réalisation d'indispensables prélèvements ou au mieux d'une exérèse ?
OUI, la SFED pense que la coloscopie virtuelle est une technique d'imagerie du côlon qui peut rendre des services à certains de nos patients hors dépistage du CCR ou en cas d'impossibilité ou de contre-indication de réaliser une coloscopie.
NON, la SFED n'accepte pas de voir une attitude aussi peu rationnelle ou scientifique de la part de certains de nos confrères qui ne peuvent ainsi que desservir la cause du coloscanner en mettant inconsciemment en danger la vie de patients engagés dans une voie sans aucun respect des recommandations actuelles.
Par conséquent, la SFED s'opposera fermement à toute démarche « pseudo-scientifique » et « publicitaire » qui ne s'intègrera pas à la stratégie actuelle du dépistage organisé en France et de la prévention du CCR au risque de nuire à sa bonne marche en diffusant des informations mensongères auprès de nos confrères ou de nos patients.
Christian BOUSTIERE, Président de la SFED, Jean-Christophe LETARD, Vice-Président de la SFED, et l'ensemble du Conseil d'Administration de la Société Française d'Endoscopie Digestive. |