Retour sur la 11ème Journée de Réflexion sur l'Endoscopie Digestive en France |
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Depuis trois ans nous regroupons logiquement sur une même ville et des dates contiguës la Journée de Réflexion de la SFED, le symposium sur la capsule vidéo-endoscopique et la Journée du Club Français d'Echo-endoscopie Digestive qui cette année consistait en un enseignement en direct depuis le tout nouvel hôpital privé Jean-Mermoz à Lyon. Nous avons assisté à un « live » parfaitement maîtrisé et dont la qualité a atteint des sommets grâce aux organisateurs et à tous les opérateurs présents. La journée de réflexion a quant à elle a tenu toutes ses promesses avec des sujets variés, tous d'actualité et qui ont amené à prolonger les discussions souvent au-delà des horaires prévus. Le compte-rendu standardisé des polypes coliques, travail initié par l'INCa avec la société de Pathologie Anatomique, a été présenté et analysé. Nous sommes encore loin d'un consensus même si certaines descriptions paraissent indispensables pour bien évaluer le risque des polypes dégénérés. Beaucoup de problèmes persistent, certains scientifiques et d'autres administratifs ou syndicaux. La SFED demeure très attentive à ces travaux car nous sommes les premiers utilisateurs de ce compte-rendu déterminant pour décider la meilleure stratégie pour nos patients. Le marquage CE, l'innovation technologique, l'efficacité et la sécurité d'un nouveau matériel et les méandres parfois inextricables du processus de remboursement d'un dispositif médical auront été remarquablement expliqués par les représentants du SNITEM et de l'AFSSAPS, avec un excellent résumé du vécu médical de ce parcours par Jean-Christophe LETARD. La SFED jouera pleinement son rôle de Société Savante dans l'évaluation des nouvelles techniques et saura faire entendre sa voix lorsque certains blocages administratifs, plus ou moins volontaires, viendront empêcher ou retarder la mise à disposition d'un matériel dont l'intérêt pour nos patients aura été scientifiquement prouvé. Mais nous restons lucides sur l'impact grandissant de l'économique sur le médical, qui aura été le but de la session sur le coût de la prévention et du traitement du cancer colo-rectal. Difficile de ne pas être surpris par l'abîme qui sépare les budgets octroyés aux traitements les plus récents du cancer colo-rectal et ceux alloués au dépistage organisé basé sur un test fécal et la coloscopie : la prévention bien comprise et bien réalisée est économique et efficace ; il faut donc la développer et lui donner tous les moyens nécessaires. Nous avons eu à cette occasion l'annonce du remplacement prochain du test fécal au Gaiac par un test immunologique : celui-ci est plus sensible et plus simple à mettre en œuvre, avec un seuil de sensibilité qui reste à fixer par les décisionnaires et qui influera sur le nombre de coloscopies supplémentaires. Une vraie surprise est venue de la présentation des chiffres de la CCAM, concernant les secteurs privé et public, sur la coloscopie avec un triplement du nombre total de coloscopies dans le public. Ces chiffres, à l'évidence irréalistes, et très éloignés de ceux de l'enquête 2008 « 2 Jours d'Endoscopie en France », nous ont fait réagir vivement, à tel point que nous avons obtenu une révision très rapide avec retour à des chiffres habituels et comparables aux données de la SFED. Quelles auraient pu être les conséquences pour notre spécialité si nous n'avions pas immédiatement relevé cette anomalie lors de cette journée de réflexion ? Ensuite, il faut saluer le remarquable travail de la Commission Juridique de la SFED pilotée par Bruno RICHARD-MOLARD qui avait organisé une session sur le risque médical avec le concours de juristes qui ont su nous faire comprendre comment gérer l'information au patient et la complication lorsqu'elle survient : surtout ne pas fuir ses responsabilités et savoir apporter la preuve que l'information a bien été donnée même s'il n'y a pas eu de document signé. Dernier acte de cette longue mais passionnante journée, avant la conclusion du Secrétaire Général de la SFED, René LAUGIER : le risque infectieux en endoscopie. Quelques fondamentaux sur les salles, les patients, le personnel, ont été redéfinis, mais au final pas de révolution puisque la circulaire 138 est toujours en cours d'actualisation et le problème du stockage des endoscopes demeure en statu quo. Cette session a aussi compris un passionnant exposé sur la qualité des pratiques en médecine et ses implications pour une discipline comportant des gestes invasifs. Au total, une journée pleine et réussie qui aura une fois encore permis de réunir tous les acteurs de l'endoscopie, médecins, industriels et administratifs. Retrouvez en ligne sur votre site préféré la plupart des présentations de cette journée de réflexion (à noter que les principaux textes seront publiés dans un prochain numéro de la revue de la SFED). Christian BOUSTIERE, Président de la SFED, René LAUGIER, Secrétaire Général de la SFED, et l'ensemble du Conseil d'Administration de la Société Française d'Endoscopie Digestive. |
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