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Dépistage du cancer colo-rectal : le présent et l'avenir
Dépistage du cancer colo-rectal : le présent et l'avenir |
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L'exploration de l'intestin par vidéo-capsule a été mise en avant récemment par un article paru dans la presse grand public au risque d'induire chez les patients ou futurs patients des comportements dangereux pour leur santé, et d'autant plus que la coloscopie y faisait l'objet de critiques inadmissibles. La Société Française d'Endoscopie Digestive (SFED) se devait donc de préciser à nouveau la place indiscutable de la coloscopie même si certaines techniques moins invasives peuvent être actuellement utilisées. En France, le dépistage du CCR repose sur un test de recherche de sang dans les selles (HEMOCCULT®) en population à risque moyen et sur la coloscopie chez tous les patients à risque élevé et très élevé. La SFED s'est engagée aux côtés de l'INCa et de la DGS pour la bonne marche de ce dépistage.
Les performances d'un test de dépistage reposent sur une forte spécificité (faible nombre de faux positifs), en négligeant souvent la valeur prédictive négative qui est la probabilité de ne pas avoir la maladie si le test est négatif. Cependant, la fiabilité d'un résultat négatif d'un test de dépistage représente un point très important pour l'individu testé et notamment lors de la relation médecin-malade. A côté des marqueurs analytiques d'efficacité (sensibilité, spécificité, valeur prédictive), de morbidité (perforation colique nécessitant une chirurgie) ou de ratio coût-efficacité (en euros par année de vie sauvée), d'autres critères permettent de choisir une méthode de dépistage du CCR, en particulier son acceptabilité et son taux de participation en population. Ces facteurs peuvent être différemment hiérarchisés ou sélectionnés selon que l'on considère le point de vue de l'individu, de l'organisme payeur ou de la société. Ainsi la coloscopie virtuelle, qui a obtenu un niveau de preuve suffisant dans une méta-analyse (grade A), avec une sensibilité de 80 % et une spécificité de 95 % pour les polypes de taille supérieure à 5 millimètres, est dans l'attente des résultats d'une étude nationale multicentrique portant sur 23 centres et faisant l'objet d'un STIC. Une réflexion plus large a été engagée conjointement par la SFED et la Société Française de Radiologie (SFR) sur les indications, les modalités de réalisation, d'apprentissage et les conditions éventuelles de formation des Gastro-Entérologues. Un symposium commun SFED-SFR aura lieu en octobre 2007 lors des Journées de Radiologie pour discuter ensemble de tous ces problèmes. En ce qui concerne l'exploration par vidéo-capsule colique, deux études pilote (120 patients au total) montrent que l'exploration totale du côlon est possible dans 85 % des cas et donnent des résultats prometteurs avec une sensibilité de 58 à 80 % et une spécificité de 83 à 92 % pour les polypes > 5 mm. Dans l'attente de l'étude multicentrique française (PHRC-CHU de Nantes ; sous l'égide de la SFED) qui apportera des informations complémentaires, les indications seront ensuite à valider en fonction du rapport coût-efficacité : il faudra une capsule très performante et très bon marché pour justifier l'intérêt de la capsule à la place de la coloscopie chez les patients à risque élevé et pour lesquels il est détecté 15 à 25 % de polypes. Dans le dépistage de masse, en alternative à l'HEMOCCULT®, là encore il faudra bien évaluer le rapport bénéfice-risques et il est pour le moment plus probable que l'avenir soit dans les tests immunologiques à lecture automatisée. Il est de fait prématuré et même imprudent de déclarer que la vidéo-capsule pourrait se substituer à la coloscopie et plus encore de lui proposer un rôle dans le dépistage du CCR à la place des tests fécaux. Le débat est cependant ouvert et la réflexion doit être claire, avisée et basée sur les résultats des études fiables, ce qui prendra du temps. La SFED y veillera tout particulièrement en apportant sa caution scientifique et toute son expérience ainsi qu'en tenant compte des réalités médico-économiques. Christian BOUSTIERE, Denis HERESBACH, René LAUGIER et l'ensemble du Conseil d'Administration de la Société Française d'Endoscopie Digestive. |
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